Au café…

Il y a 30 ans de cela, je partais chaque matin de bonne heure pour rejoindre la faculté de lettres et j’aimais faire une courte pause au café du coin. Les premières fois, je restais debout, mon expresso fumant devant moi, les coudes au comptoir, à perdre mon regard dans le grand miroir où se reflétait la salle. Je balayais distraitement ce spectacle, ce petit théâtre quotidien, où ne s’agitaient, le plus souvent, que des habitués que j’avais appris à reconnaître. Je ne m’attardais sur aucun d’entre eux, ils formaient un tout dont le ciment était le parfum du café, le crissement des pieds de chaises sur le carrelage, un brouhaha de voix d’où parfois fusait un rire.

Un matin cependant, tout fut différent. Avant même de pousser la porte du café, j’étais encore sur le trottoir, je la vis. La tête légèrement penchée, sa chevelure bouclée pressée contre la vitre, les deux mains posées sur la table, elle lisait. Une fois entrée et perchée sur mon tabouret préféré, le regard planté dans le grand miroir, je ne pouvais le détacher de la lectrice. La lumière dessinait un halo autour d’elle qui semblait l’isoler du reste du monde. Absorbée dans sa lecture, elle n’appartenait plus au réel. Je lui enviais ce voyage intérieur si facilement accessible, si merveilleusement à portée de main.

Je ne vins jamais plus dans un café sans un livre dans ma poche…

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Les mots de Nine sur Maille à maille de Simone Righetti

Karl Gestaker, capitaine SS, a le regard bleu acier et le sang aussi froid qu’un serpent. Il n’a pas été formaté pour les sentiments et justement ceux de sa fille le submergent, il lui passe le moindre caprice. Il subtilisera Gerda la juive, dont la vie vaut si peu, elle sera la poupée vivante et parfois l’animal domestique d’Erika qui lui prodiguera coups, brimades, sévices et élans de tendresse.
À ses côtés Helga, un doux réconfort nommé Poisson car la jeune femme est sourde et muette, et c’est la raison pour laquelle le capitaine l’a prise, illégalement, à son service, témoin qui ne saurait trahir.
Mais Karl, lui, a bien trahi son pays, en dissimulant le handicap de sa fille et en recueillant à son service deux éléments destinés à la solution finale. À la libération du camp, Karl devra répondre de ses actes. Helga et Gerda seront séparées.
Entre stupeur et sidération, il faudra beaucoup de patience et de bienveillance pour réparer la petite Gerda et la ramener du côté des vivants et des hommes.
Et la vie facétieuse va rabattre ses cartes et remettre Gerda sur la route de son ancien bourreau. Alors se pose la question du pardon et de sa légitimité, la guérison en passe-t-elle par-là inévitablement, et comment le justifier auprès de ceux qui ne comprennent pas !

Un roman de la collection «Main de femme» aux messages puissants, il évoque la force du pardon et le processus de résilience, l’aliénation et l’enfermement, et la vie toujours…
Un magnifique livre au bout duquel, les mailles laissent entrevoir une invincible lumière.

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Petit mot écrit sur une vrai carte en papier par Catherine, une lectrice, à Jean Darot pour L’amer du thé

Ce « i » incorrigible, incontrôlable, irrévérencieux, s’est échappé du verbe aimer pour ne laisse que l’amer.
Un goût amer, pensais-je, qui roule dans la gorge.
Puis le « r » s’en est allé, l’âme est restée. Alors mon âme russe a goûté L’amer du thé ; un diamant de sucre dans la bouche, un élixir de thé au fond de la tasse, l’eau du samovar fumant pour le noyer.
La lecture de votre roman fut un moment de plénitude.
Sans arme, sans rame dans la mare, je me suis laissé couler au fil des mots d’où a rejailli le verbe aimer.
Car c’est bien de cela dont il s’agit, n’est-ce pas ? Amour paternel, amour charnel, amour du vivant, humanité, passion.
Pour tout cela je vous dis merci.

Catherine

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Les mots de Marie-Jo sur Dernière lettre à Irène de Daniel Nahon

“J’ai lu presque d’une traite cette «Dernière lettre à Irène»

Quel beau livre ! À la fois bouleversant et grave, vivant et drôle, mélancolique aussi, jamais ennuyeux. Quel bonheur de plonger dans la saga fourmillante d’anecdotes de deux familles qui n’auraient jamais dû se rencontrer. C’est comme un roman plein de rebondissements où on ne s’ennuie pas une seconde !”

Marie-Jo L.

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Les mots de Patricia B. sur les trois livres de Nancy Huston publiés aux éditions Parole

“Trois petits opus de Nancy Huston, aux éditions Parole :

«Sois belle – Soit fort»,
«Leçons d’indifférence»,
«Rien d’autre que cette félicité»
qui nous force à réfléchir !

Les deux premiers prenant la forme d’essais, réflexion/ propositions, le troisième, bien qu’interrogeant également, est sous forme de lettre.

«Sois belle – Soit fort» interroge sur les genres. Donne à réfléchir sur les injonctions inconscientes ou non de la société, de l’éducation, les comportements formatés, à définir le masculin et le féminin.
Nancy Huston argumente et propose des pistes de réflexion afin de rééquilibrer et assainir les relations entre garçons et filles et par voie de conséquence, entre hommes et femmes.

«Leçons d’indifférence» En 50 pages, Nancy Huston nous invite à réfléchir sur notre capacité à devenir indifférent aux souffrances de «l’autre» (individu ou peuple) lorsqu’il n’est pas sous nos yeux. 
Cette suspension de l’empathie, dit-elle. Nous éprouvons des émotions (comme les animaux) mais ce qui nous en différencie, est la capacité à les maîtriser.
Elle explique l’évolution de notre société, le rapport à la mort, l’animalité en nous, rappelle des faits historiques qui mettent en lumière nos propres périodes de barbarie.
Elle conclut avec ces mots :  «À l arbre de la Connaissance, on préfère celui de l’indifférence. Son fruit est plus doux il a goût d’oubli et quasi d’innocence.»… percutant !

«Rien d’autre que cette félicité» Sous forme d’une lettre adressée à sa jeune fille, une femme dont on comprend rapidement qu’elle va mourir veut lui transmettre comme des «leçons de vie» pour sa future vie de femme. S’instaure un va-et-vient entre la voix de cette femme et des lectures d’anciens carnets où sont relatés des épisodes de sa vie. Elle va ainsi, mieux qu’un discours éducatif, faire état de ses expériences- souvenirs dans ses différents rôles, mère, femme, amante. Authentique et puissant, fort et percutant, on est tantôt touché, tantôt heurté ou attendri.”

Patricia B.

Retrouvez-les réunis dans un joli coffret Encore en corps, offrant 3 dessins de Guy Oberson :

ou à l’unité :

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Les mots de Patricia B., dans le blog Désir de lire, sur les deux livres de Pierre Micheletti aux éditions Parole

Un grand merci à Patricia Bouchet pour ses lectures et à Association désirdelire pour leur publication !

 

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Écoutez la touchante présentation du livre-disque Astor Piazzolla – Libertad dans le journal de 13h de France Inter

«Sébastien Authemayou et Marielle Gars nous envoûtent avec ce livre-disque et rendent un vibrant et très bel hommage à ce musicien de l’âme.»

Réécoutez la chronique culture de Jacqueline Pétroz dans le journal de Frédéric Barreyre du samedi 2 janvier.

 

 

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Les mots de Laura C. sur L’homme semence de Violette Ailhaud

“Parce que la genèse de ce texte est, elle-même, digne d’un roman : Violette Ailhaud a écrit ce texte en 1919 mais n’a pas voulu le publier à l’époque, elle a donc cédé son manuscrit à sa descendance. L’enveloppe de sa succession ne pouvait pas être ouverte avant l’été 1952 et devait être confiée à l’un de ses descendants féminins âgée entre 15 et 30 ans.

Parce que l’histoire relatée dans ces pages mérite d’être connue et transmise de génération en génération.

Parce que ce livre est publié par mon éditeur chouchou, celui chez qui j’ai fait mon premier stage et qui a confirmé mon envie de devenir éditrice.”

Laura C.

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Les mots de Soraya sur le livre de Fanny Saintenoy J’ai dû vous croiser dans Paris

“Un recueil composé de 24 nouvelles dans la collection main de femme. C’est une collection d’expression et de tranche de vie de femmes. Avec un format menu, à la couverture douce et épurée.
Ils sont de toute beauté.

«J’ai dû vous croiser dans Paris», c’est un œil, une sensibilité. Déambuler dans les rues, les quais, les gares et capter des instants de vie, d’anonymes, de la diversité qui peuple Paris.
Dans le tourbillon du quotidien, que voyons-nous vraiment des gens qui nous entourent ? Il en faut de l’attention pour voir, voir vraiment, écouter et sourire.
Ce sont des instants authentiques, parfois légers et parfois chargés d’émotion.

J’ai été touchée par ces petites histoires mais si je devais en choisir une, ce serait : au Père-Lachaise.
«Le drame, c’est de se lever, de se coucher, de s’agiter entre temps et de se laisser glisser. Le drame, c’est la vie quotidienne» Françoise Sagan.
«Je n’ai jamais eu peur de la solitude. Je lis. Les gens qui lisent n’ont pas peur de l’ennui, les sources sont infinies. C’est une garantie une assurance jours pleins.»

Une lecture réconfortante et douce. Une jolie découverte.”

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Les mots de Patricia P. qui a lu et aimé Astor Piazzolla – Libertad

“Au bord de l’hiver, par une matinée grise et humide, j’ai reçu une commande qui a éclairé ma journée. Il est des musiques qui irradient et pour mieux profiter des mélodies d’Astor Piazzolla, il faut se plonger dans l’ouvrage réalisé par Marielle Gars et Sébastien Authemayou, éditions Parole. L’ouvrage est somptueux, avec ce rouge qui saute aux yeux mais bien plus qu’un esthétisme, cette biographie, fournie, précise, complète est un voyage.

Moi, j’ai décidé de l’aborder en déstructurant la chronologie. En effet, en feuilletant l’ouvrage, je m’arrête au gré des nombreuses photographies qui l’illustrent. Elles guident ma lecture et je lis les légendes, puis les paragraphes qui recontextualisent. Je découvre un homme sans concessions et passionné. Par bribes, je savoure le fantastique parcours de cet homme libre !!! Foisonnant ouvrage qui relève un personnage. Leçon !

Peut-être, un jour, referais-je la lecture du début à la fin afin d’apprécier davantage ce sublime et conséquent travail. Je salue les performances des deux auteurs et les éditions Parole pour l’originalité de cette biographie.”

Patricia P.

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Daniel Daumàs et Samenaire de vidasL’homme semence traduit en provençal – dans VAQUI, dimanche 10 janvier à 10h35 sur France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

Dimanche dans VAQUI les succès d’écrivains sont à l’honneur ! Frédéric Soulié et l’équipe de VAQUI sont à Artignosc-sur-Verdon dans le Var.   

Le livre « L’Homme semence » de Violette Ailhaud, édité dans le Var et situé en Haute-Provence, s’est vendu à 35 000 exemplaires, adapté en bande dessinée, danse, conte, au théâtre, et au cinéma ! Succès d’édition, traduit dans des dizaines de langues, la version en langue d’oc vient de paraître adaptée par Daniel Daumàs, chanteur et écrivain établi à Artignosc-sur-Verdon. 

À Lourmarin nous évoquerons le grand Albert Camus disparu le 4 janvier 1960 et son histoire d’amour avec ce village du Vaucluse.

À Pernes-les-Fontaines, primée aux Jeux floraux du Félibrige (2018) pour un recueil de nouvelles ainsi que des pièces de théâtre, Rolande Falleri se lance ici dans un livre de récits intitulé « Lou Pichot Elefant d’Evòri » 7 histoires courtes écrites d’abord en latin, puis français et provençal. 

Vaqui et les succès d’écrivains, présenté par Frédéric Soulié et réalisé par David Bouttin, dimanche 10 janvier à 10h35 sur France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

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et L’homme semence

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