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Sa blancheur infinie de banquise m’attire et me terrorise…

Sa blancheur infinie de banquise m’attire et me terrorise… La page destinée à recevoir les premières phrases de ce roman me trotte dans la tête depuis des semaines. En moi, les mots coulent comme de l’eau, l’histoire est fluide, les personnages, tangibles, suivent leur vie propre, se rencontrent, se frottent les uns aux autres, le tout dans des paysages parfaits. Tout est à sa place. Mais il suffit que ma main s’empare du stylo pour que tout s’évapore, se disloque, se brouille dans un magma insaisissable.

Qui n’a pas ressenti ce vertige de néant quand, au commencement de sa vie, tout était encore possible, tout était encore à écrire ? Nos décennies sont des chapitres se succédant au fil des pages. Mais qui les écrit ? Qui a transformé à sa guise cette belle histoire que nous avions dans la tête ? Nous traçons les grandes lignes et nous aimerions fignoler les détails mais un correcteur automatique nous devance presque à chaque fois et change les cartes du jeu et la règle. Beaucoup se découragent et en sont réduits à tourner les pages d’une histoire qui les dépasse, qui n’est pas celle dont ils auraient rêvé, mais d’autres se refusent à cette passivité de métronome. Se saisissant de l’ouvrage, ils en reprennent possession, les lignes bien tracées redeviennent brouillons grouillant de vie. Ils sautent des lignes, reviennent sur leurs pas, arrangent les chapitres à leur guise et, jusqu’au point final, jettent à la face du monde leur style inimitable.

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Fanny Saintenoy sera l’invitée du Festival du Premier roman de Chambéry, du 27 au 30 mai 2021, pour son recueil de nouvelles «J’ai dû vous croiser dans Paris»

Après Jean Darot et son roman L’amer du thé lauréat 2020, Fanny Saintenoy sera l’invitée du Festival pour son recueil de nouvelles J’ai dû vous croiser dans Paris, Prix du recueil de nouvelles 2020 de la SGDL, Prix Place aux Nouvelles 2020 (manifestation en septembre 2021), lauréat du Prix Litter’Halles 2021 (résultat dimanche 6 juin 2021).

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Deux nouveaux «Regard d’homme» pour le printemps !

Cela pourrait être un témoignage ou un récit sur les ravages de la maladie d’Alzheimer, mais non, le livre d’André Cohen Aknin est bien plus que cela parce que l’auteur est écrivain et poète.
Il nous offre le récit d’une rencontre pas ordinaire, celle entre un fils et sa mère, et ce qui la distingue, c’est que le langage de la mère a changé : bribes de mots, onomatopées, gestes, sa langue est autre. Peu à peu, le fils va utiliser le même langage et renouer la relation rompue depuis longtemps. Il va même retrouver, peu à peu, tous les souvenirs de son enfance, bannis de sa mémoire pour cause de honte. C’est grâce à eux qu’il retrouvera le sourire au fond des yeux de la mère, et elle, le chant au bord des lèvres.
Il y est aussi question de soupes et de saveurs, de couleurs, d’odeurs, de celles qui renouent avec l’autre, avec la vie, et l’on sort de ce livre avec le désir de partir acheter ses légumes chez Mourad et de cuisiner une loubia algérienne tout de suite, là, immédiatement, pour la partager avec la mère.

L’écriture d’André Cohen Aknin, à la fois simple et poétique, est un mélange de cultures, celle de l’Orient et celle de l’Occident. On se laisse charmer, on en redemande. 

« J’aime l’odeur des ports, la mer qui se gave de mazout le long des quais, les embruns les jours de grand vent et le vide du large qui renouvelle sans cesse les senteurs de la ville. J’ai connu Marseille, Calais, Amsterdam, Hambourg, Göteborg, Helsinki. Le port, c’est aussi l’enfance à Oran seul avec mon père qui m’emmenait admirer les paquebots à quai.
Des murs d’acier vertigineux. Des murs vivants. Ça bougeait et ça criait de partout. Je tremblais à chaque coup de sirène. 
»

Un lit dans l’océan
André Cohen Aknin
Collection Regard d’homme
Parution : mars 2021
172 pages

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Plonger dans ce nouveau roman de Daniel Picard, c’est d’abord vivre et comprendre de l’intérieur les Printemps arabes, notamment en Libye. L’auteur s’appuie sur des recherches très documentées sur le contexte politique et les scènes de guerre civile. Lui-même chirurgien, Daniel Picard nous emmène au cœur des hôpitaux, au chevet du patient opéré, au travers de l’histoire romancée d’un médecin humanitaire, Jules Lavigne, envoyé en mission. Des peurs s’installent et disparaissent, d’autres naissent. Parmi les relations amicales profondes qui se noueront, l’amour tentera de trouver son chemin, mais aussi la mort, à laquelle il échappera de peu. Intensément bouleversé, il remettra en question certaines de ses attitudes et espérera retrouver celle qui l’attend peut-être en France. Le rythme est trépidant, les évènements s’enchaînent et on peine à poser ce livre avant la dernière page. 

Comme dans son dernier roman Moi, Ambroise Paré, chirurgien de guerre, aimé des rois et des pauvres gens, Daniel Picard excelle à plonger le lecteur dans un univers comme s’il était un des personnages
du récit. Et, cette fois-ci, l’histoire est contemporaine, très récente, et chacun s’en souvient.

Mission libyenne
À l’aube du Printemps arabe

Daniel Picard
Collection Regard d’homme
Parution : mars 2021
344 pages

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«Pages éternelles» a lu et a aimé Maille à maille de Simone Righetti

« Sarah aime bien ça….une maille à l’endroit, une maille à l’envers … ça l’apaise, elle tricote sa laine tout en tricotant ses souvenirs mais parfois ceux-ci lui font sauter une maille… vite, vite  retrouver cette maille vagabonde pour ne pas plonger dans ce TROU NOIR, celui où tu cherches en vain qui tu es, pourquoi ce prénom de Gerda dont on t’a affublé et surtout chercher pourquoi tu ne te souviens que du cri de ta mère quand on t’a arrachée à ses bras, il y a longtemps, c’était en Pologne.

Quelle jolie poupée tu fus. Une poupée qui savait pleurer sans qu’on ait besoin de remonter un quelconque mécanisme, une poupée qui se laissait coiffer au gré des humeurs de sa propriétaire de douze ans, une poupée vivante offerte comme on offre un énième bonbon à une fillette capricieuse.

Il arrivait qu’elle se fasse câliner par les mêmes mains qui frappaient et c’était bon à prendre.

Il arrivait qu’elle riait comme rit une enfant de 3 puis 4 puis 5 puis 6 ans mais cela n’empêchait pas les cauchemars la nuit.

Et puis, tout à une fin, même l’horreur, et la vie va continuer, cahin-caha, toujours aspirée par ce TROU NOIR, jusqu’au jour où devant ses yeux elle la verra, la reconnaîtra, sa poupée qu’elle avait serrée si fort dans ce wagon, sa poupée parmi tant d’autres poupées abandonnées à Auschwitz en 1942, et à ce moment, elle sait qu’elle s’appelle Sarah et non pas Gerda.

Faut-il pardonner pour arriver à vivre ? Le doit-on ? Le peut-on ?

Y a t-il des particules d’humanité dans nos bourreaux ?

Dans un contexte aussi dramatique l’auteure a su rester sobre, sans complaisance mais sans animosité également, sans esprit de revanche, avec toute l’objectivité qui rend ce roman bouleversant à l’image d’un documentaire qui, par sa force, sa véracité  te ferait penser que cela aurait pu être toi, toi cette poupée qui fut de chiffons alors que tu n’étais que porcelaine.

Quel livre fort ! C’est Sarah qui parle, ce JE omniprésent nous introduit dans son intimité confessionnelle d’une intensité asphyxiante.

J’en reviens au pardon, libérateur sans nul doute, mais ici Sarah n’avait pas à pardonner car la fillette, Erika, celle qui jouait à la poupée, était elle même une victime, celle de ses origines, rédemption pour les deux.

À lire absolument. »

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À DÉCOUVRIR : le nouveau roman de Laure Sorasso, Un été infini, dans la collection «Main de femme»

Sans qu’on y prenne garde, Laure Sorasso nous emmène avec beaucoup de délicatesse vers… l’éternité. Peu à peu, par des allusions légères, puis des répétitions étranges, des mots plus explicites, l’autrice nous accompagne vers la réalité de son personnage qu’elle ne saura elle-même qu’à la fin du livre. Il lui faudra revisiter la maison et le jardin, réceptacles de tant de souvenirs inscrits dans les murs, dans l’espace, pour accéder au tout dernier.
Dans le quotidien et la répétition des gestes – fermer, ouvrir les volets pour se protéger du soleil, laisser entrer la fraîcheur de la nuit, préparer les lits, les chambres pour recevoir les enfants –, elle laisse divaguer ses pensées. D’autres souvenirs surgissent : lorsqu’elle était petite fille, sur la route vers la mer, les voisins, le village. De jolis prétextes pour tirer le récit hors d’un huis clos ou d’une introspection trop fermée. Surgissent alors des réflexions sur le temps qui passe, la vie des autres, celle d’aujourd’hui et celle d’avant, la sienne, les odeurs des corps, les rituels de bains… tandis que le soleil chauffe toujours plus fort et que la canicule s’installe.

Dans ce roman, comme dans Les guerrières, édité en 2018, la narratrice semble être le personnage principal. Elle parle, raconte, se raconte. Mais, loin d’être une autofiction, une histoire se déroule, une histoire qui raconte aussi les autres, nous. Elle nous concerne tous et, sous la plume de Laure Sorasso, elle prend une allure de belle éternité.

 

Un été infini
Laure Sorasso
Collection Main de femme
Parution : 25 mars 2021
160 pages

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Réédition de Thermodynamique de l’évolution de François Roddier dans la collection «Curieux par nature»

« Ce livre adresse un message aux générations actuelles et futures. L’Histoire montre que chaque fois qu’une société est en crise, elle cherche des coupables et désigne des boucs émissaires. Les civilisations primitives offraient des personnes en sacrifice aux dieux. Les Romains ont torturé les chrétiens. Le Moyen Âge s’est terminé par des guerres de religion. La monarchie française a décapité son roi et un bon nombre d’aristocrates. Plus récemment l’Allemagne nazie a brûlé des juifs. Aujourd’hui on accuse les immigrés ou les « Roms ». Ce livre désigne le vrai coupable : les lois de la mécanique statistique contre lesquelles nous sommes individuellement impuissants. Howard Bloom parle d’un principe de Lucifer sans savoir qu’il s’agit des principes fondamentaux de la thermodynamique. Nos souffrances sont dues à l’entropie liée à notre méconnaissance des lois de l’univers. Lorsque ces lois seront universellement reconnues et comprises, cette entropie aura été évacuée. L’humanité sera enfin capable de prendre en charge son destin et d’atténuer ses souffrances. »
François Roddier

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NOUVEAUTÉ : Découvrez Les cahiers de Parole, une collection pour des textes courts

Un Cahier de Parole, c’est une carte blanche à une autrice, un auteur. Toute liberté sur le genre et la forme lui est offerte. La seule contrainte, pas plus de 32 pages à l’intérieur. Ce sont donc des textes courts : fiction, essai, sciences humaines, carnet de voyage, autobiographie, autofiction, poésie, théâtre …

Un auteur par Cahier : des textes rigoureusement sélectionnés, des auteurs confirmés ou la possibilité d’une première publication pour un jeune auteur, on y tient ! 

Et toujours, des découvertes pour les lecteurs.
Un cahier, c’est une surprise !

Un format agréable, une couverture élégante, les Cahiers de Parole sont au prix unique de 4 euros l’exemplaire.

4 parutions par an, 3 Cahiers à chaque fois, ce sont donc 12 cahiers qui paraîtront chaque année.
Vous les trouverez à l’unité dans votre librairie

ou pourrez souscrire un abonnement annuel : parole@altermondo.fr

BONNES LECTURES !

En librairie début mars 2021 :

 

Cahier #1

Cabines

Gilles Vincent

 

 

En librairie fin mars 2021 :

 

Cahier #2

Chère époque

Sarah Roubato

 

 

 

Cahier #3

Des racines aux yeux

Sébastien Klotz

 

 

 

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Un documentaire exceptionnel à découvrir : une heure pour célébrer le maestro Astor Piazzolla

Pour lui rendre hommage, Sébastien Authemayou et Marielle Gars vous proposent un reportage inédit en collaboration avec les éditions Parole, avec le soutien de la Fondation Piazzolla, de l’Ambassade d’Argentine en France et en partenariat avec FIP – Radio France !
 
1 heure pour célébrer le maestro, son œuvre, mais aussi pour vous faire partager de nombreux témoignages : Daniel Villaflor Piazzolla (vice-président de la Fondation Piazzolla et petit-fils d’Astor Piazzolla), S.E. Leonardo Costantino (ambassadeur de la République Argentine en France), Daniel Pipi Piazzolla et Marcela Villaflor Piazzolla (petits-enfants d’Astor Piazzolla), Frédéric Lodéon, Raúl Barboza, Saúl Cosentino, Roberto Aussel, Jacqueline Pons, Frédéric Finand…

En savoir plus sur Astor Piazzolla – Libertad

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Les mots de Cath sur Maille à maille

La lumière du pardon…

J’ai lu une pépite publiée dans la collection Main de femme chez les éditions Parole…

« Maille à maille » est une fiction qui sonne si juste que l’on pourrait croire qu’il s’agit d’un récit. L’autrice, aujourd’hui âgée de 95 ans, avait 17 ans en 1942.

C’est avant tout une histoire de pardon, de reconstruction, de résilience.  Ce sont trois personnages féminins qui ne doivent leur survie qu’à un concours de circonstances bien particulier dans l’Allemagne nazie.
Erika, 12 ans est la fille handicapée d’un officier SS responsable du camp d’Auschwitz, Karl, qui espère en se montrant irréprochable qu’on oubliera sa fille !
Sarah, 3 ans, échappe à  Auschwitz parce que Karl la récupère pour servir de poupée vivante à sa fille.
Helga, jeune fille sourde-muette d’un psychanalyste de renom de Berlin, enlevée à ses parents, a été soustraite à son destin par Karl qui l’a prise comme domestique, elle sera d’un immense réconfort pour Sarah rebaptisée Gerda, souffre douleur d’Érika qui alterne brimades, sévices et marques d’affection…
Toutes les trois auraient dû logiquement faire partie de la solution finale  nazie…

« Maille à maille » est l’histoire de la lente reconstruction de Gerda après la guerre au rythme de son tricot; maille après maille, elle traque ses souvenirs avec le sentiment que certains lui échappent comme une maille perdue ici ou là dans son ouvrage.

 » Comment rassembler ces lambeaux de souvenirs, les rendre cohérents, les coudre ensemble pour en faire un passé, son passé, et combler ce trou noir dans lequel elle se noie? »

Il lui faudra beaucoup de temps pour apprivoiser ce passé, sortir de l’enfermement mental duquel elle restera longtemps prisonnière, et pourtant quand le hasard la remettra en présence d’Érika, elle lui offrira son pardon…

D’une écriture précise et fluide, sans pathos  l’autrice nous emmène au cœur d’une humanité complexe dans des circonstances exceptionnelles où la frontière entre bourreau et victime n’est pas toujours claire…
C’est une histoire commencée dans une douleur, une détresse absolue qui se termine dans la lumière et l’espoir. C’est un bijou, ce roman !

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Sébastien Authemayou et Marielle Gars sur la RTBF pour célébrer l’anniversaire d’Astor Piazzolla, le 11 mars 2021

Journal culturel de Musiq3 à 7h30 sur la RTBF (radio nationale belge) au micro de Pascal Goffaux
 
 
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Demandez le programme sur la RTBF Musiq3 de 12h à 13h00 pour un entretien exclusif au micro de Fabrice Kada et en compagnie de Saúl Cosentino et Daniel Pipí Piazzolla.
 
 

 

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Ne manquez pas le documentaire exceptionnel en hommage à Astor Piazzolla pour ses cent ans !

Pour lui rendre hommage, Sébastien Authemayou et Marielle Gars vous proposent un reportage inédit en collaboration avec les éditions Parole, avec le soutien de la Fondation Piazzolla, de l’Ambassade d’Argentine en France et en partenariat avec FIP – Radio France !
 
1 heure pour célébrer le maestro, son œuvre, mais aussi pour vous faire partager de nombreux témoignages : Daniel Villaflor Piazzolla (vice-président de la Fondation Piazzolla et petit-fils d’Astor Piazzolla), S.E. Leonardo Costantino (ambassadeur de la République Argentine en France), Daniel Pipi Piazzolla et Marcela Villaflor Piazzolla (petits-enfants d’Astor Piazzolla), Frédéric Lodéon, Raúl Barboza, Saúl Cosentino, Roberto Aussel, Jacqueline Pons, Frédéric Finand…
 
 
En direct, le 11 mars, 18h30, sur :
– page facebook du Duo Intermezzo
– page facebook des Éditions Parole
– page facebook de l’Ambassade de la République Argentine en France
​- page facebook Studio Oreilles Délicates
– page facebook de FIP
– sites et réseaux de la RTBF / Musiq3 (Radio Nationale Belge) et l’Ambassade de la République Argentine en Belgique
 

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