Les mots de Patricia B. sur Fusil de Muriel Roche

Immersion dans une nature, immersion dans une écriture. Deux âmes parallèles, deux intériorités si bien décrites par les mots de Muriel Roche. Le titre «Fusil» nous fait débuter le roman avec l’idée que nous partirons dans le domaine de la chasse. Il y a effectivement un fusil, il y a la chasse, mais de laquelle s’agit-il vraiment? Des mondes s’opposent. On est tantôt à la lisière d’un monde onirique tellement la nature nous est contée avec sensibilité, tantôt pris dans une danse lente où les deux personnages, Nell et Sam, se frôlent, se cherchent. Se retrouveront-ils ? Deux univers et une attraction d’âmes.

L’écriture de l’auteur donne tout son relief au roman. Une façon singulière et personnelle de conter le présent et l’hypersensible. Ses phrases, par moments courtes, cinglent, posent l’action, donnent le rythme. Elle choisit de nous faire entendre plusieurs voix : celle du narrateur qui nous met dans la position classique du lecteur et, par intermittence, celle de Sam puis de Nell qui nous projettent dans l’action.

Sam, devenu chasseur contre son gré, a un rapport à la nature puissant. Comme un Indien, il est chargé de rituel face à la mort de l’animal. Il est dans l’écoute des éléments qui l’entourent, les sens en alerte, solitaire et hors système.

Nell, meneuse d’un petit groupe en quête de déconnexion, fuit le monde tout en restant, en partie, à l’intérieur. Ces deux-là vont-ils se rejoindre ?

Pour un premier roman, Muriel Roche nous offre là un bijou.

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